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"Le jardin des passionistes dominait le plus beau quartier de la ville : à gauche le Palatin et le Forum ; en face le Colisée ; à droite, les ombrages de la villa Célimontane et au loin les monts Albains. Les Éminences péripatéticiennes adoptaient une allée bordée d’yeuses et de piédestaux. L’abbé s’amusait à voir se croiser entre les arbres ces calottes rouges ou ces chapeaux noirs à glands rouges, ces soutanes noires à ceintures rouges, ces bréviaires de cuir rouge." Critique d’Oriane (feutre bleu) : la description ! Comment fonctionne la description dans un travail littéraire? Il est évident qu’ici elle n’apporte rien à qui ne connaît pas les lieux évoqués. C’est une description de noms, elle ne fonctionne que sur des connotations. Même les fragments les plus apparemment ordinaires comme «une allée bordée d’yeuses et de piédestaux» butte sur la nécessité d’une interprétation culturelle car si, je peux savoir à partir d’un dictionnaire ce que sont les «yeuses», je ne peux obtenir le même résultat avec les «piédestaux» : je sais ce que sont des piédestaux mais je ne peux comprendre réellement quel rôle ils jouent là et ne peux me les figurer concrètement sans apporter de moi-même. Toute description, ainsi, est une tromperie, elle ne fonctionne que parce que le lecteur veut bien y mettre du sien, elle n’est qu’un "jeu de mots".
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